Projet | Landmark - Au ras-du-sol

Le sociologue Robert Erza Park (The City 1925) expose la théorie suivante : « la ville est à l’image des citoyens qui l’habitent. Elle se développe comme un organe vivant, c’est-à-dire en fonction des rapports que les citadins entretiennent avec leur milieu à la fois matériel et humain». Il est question ici de la ville en tant que territoire identitaire, de la ville vue comme un immense lieu constitué d’empreintes de la vie quotidienne des citoyens. Cette conception de la ville est devenue le fil conducteur de projet.

Il apparaît sans doute étrange de s’intéresser au couvert de regard, cette chose quelconque communément appelée un trou d’homme ou une bouche d’égouts. Et bien c’est pourtant cet objet urbain qui est au coeur d’un grand projet que j’ai intitulé la Série Landmarks. Il peut porter fièrement nom parce qu’il est en fait un des beaux emblèmes de notre histoire québécoise. Je classe cet objet urbain parmi une des formes la plus pertinente qui soit.

Voici les points qui qualifient cet élément d’un puissant marqueur culturel :

1) au Québec, depuis le XIXe siècle, il ne reste que deux fonderies familiales sur quatre qui fabriquent encore aujourd’hui les couvercles: : la Fonderie Laroche et la Fonderie Bibby-Ste-Croix .Sur certains couvercles on peut lire sur certains encore aujourd’hui leur nom moulé dans l’acier.  2) les informations inscrites sur la formes informent de la langue majoritaire parlée et écrites du pays. 3) la grosseur du couvercle fournie un indice de son âge. Un petit couvercle est vieux, un grand couvercle est récent. Les équipements de sécurité pour descendre des les conduits étant aujourd’hui mieux conçus et plus imposants 4) pendant des années, le nom des villes a été moulées sur les couvercles pour les villes auxquelles ils étaient dédiés. Aujourd’hui, on installe un modèle universelle fabriqué en Asie.    

Crédit photo : François Lafrance